et je note que la majorité des journalistes au Québec, dont Patrice Roy et même le premier ministre Justin Trudeau, le désignent simplement comme « le Président ».
C’est un terme qui transcende les frontières et les juridictions. Il est le « président » d’un seul pays, pas du monde.
Le langage a un pouvoir immense. Quand on qualifie quelqu’un de « président » sans autre précision, on lui confère un statut universel, une autorité implicite qui s’étend bien au-delà de ses frontières réelles.
Ce n’est pas anodin : ce même mécanisme a été utilisé par des régimes autoritaires en Russie, en Chine, en Turquie, en Tunisie, en Malaisie, en Ukraine, pour n’en citer que quelques-uns.
Appeler Donald Trump simplement « le Président » lui confère une influence et une importance inappropriées.
Utiliser l’expression complète « le président des États-Unis » crée une distance nécessaire, le replace à l’intérieur des frontières de son pays et nous rappelle qu’il n’est le président de personne au Canada.