Courage ou inconscience ?

En 2003, j’ai quitté la France pour m’installer au Québec. J’avais une réservation dans un Café Couette, deux valises et l’idée de découvrir un nouveau monde. Je n’avais pas vraiment calculé ce que ça impliquait : recommencer de zéro, sans réseau, sans repères culturels.

Vingt ans plus tard, j’ai créé Alléluia avec deux associés. Même schéma. On s’est lancés avec de l’enthousiasme, des convictions et une bonne dose d’ignorance sur ce qui nous attendait.

Les gens appellent ça du courage. Je me demande si ce n’est pas simplement de l’inconscience.

Le courage, c’est mesurer un risque et décider de l’affronter quand même. C’est conscient, délibéré. L’inconscience, c’est sauter sans avoir regardé en bas.

Je ne sais toujours pas dans quelle case je me range. Peut-être que la distinction n’est pas si importante. Peut-être que l’inconscience est une forme de courage qui s’ignore.

Ou peut-être que parfois, ne pas mesurer les risques est la seule façon de faire des choses qu’on n’aurait jamais osé faire autrement.

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