Le onoiement

Depuis quelques années, une tendance se fait de plus en plus présente dans les restaurants et les commerces, c’est le parler au « on ».

Le serveur: « On avait réservé pour quelle heure? »
Le vendeur: « On avait d’autres questions? »
Ou le dentiste: « On ouvre la bouche. »

Est-ce un tic de langage pour se donner de l’importance ? Une forme moderne de novlangue commerciale ? 

Ce « on » infantilisant, couplé à l’imparfait de politesse, crée une distance étrange dans la relation. Comme la personne ne s’adresse pas au « tu » ou au « vous », elle évite l’entrée en contact. C’est comme si elle n’est plus vraiment en face du client. 

D’ailleurs, le client est-il là? Avec cette dissolution de son identité dans un « on » impersonnel, c’est comme s’il avait disparu. Il fait partie d’un ensemble flou, qui se résume finalement à une table de restaurant.

Suis-je le seul à avoir remarqué cette mode et à en être irrité?

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