Le piège de la gratuité

Cette semaine, je voulais acheter des Vans, les classiques à carreaux noirs et blancs. Les miennes sont finies.

Je tombe sur un site qui les offre à 50 $ en soldes, une aubaine, ce modèle ne l’est pratiquement jamais.

Au moment de passer à la caisse, je découvre qu’il faut payer des frais de port de 10 $. J’arrête immédiatement mon magasinage, le frein de 10 $ est trop important pour moi.

J’y retourne quelques jours plus tard et je découvre que, si j’achète deux paires, les frais de port sont offerts.

J’ai préféré payer 50 $ de plus pour des chaussures dont je n’avais pas besoin pour pouvoir économiser 10 $ sur des frais de port. Finalement, j’ai dépensé plus que le prix de la paire à prix courant que je voulais.

Dans le livre « C’est (vraiment?) moi qui décide », Dan Ariely décortique ce mécanisme. Le mot gratuit court-circuite notre raisonnement. Ce n’est pas un défaut de notre cerveau, c’est sa nature.

Dans une de ses expériences, il propose deux chocolats : un Lindt à 15 cents et un Hershey’s à 1 cent. 73% choisissent le Lindt, logiquement. Puis il réduit les deux prix d’un cent. Le Lindt à 14 cents, le Hershey’s gratuit. 69% choisissent maintenant le Hershey’s.

La différence de prix reste la même.

Le rapport qualité-prix ne change pas.

Mais le gratuit change tout.

C’est fou que, même en sachant cela, j’aie tout de même agi de manière irrationnelle.

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